1992 ~ Ils se sont trompés!

1992  ~  Ils se sont trompés!
C'est ainsi que j'ai compris que pour la vie, était la mort inévitablement et surtout plus proche que prévue.

Le regard dans le vide, le fond de musique qui courrait dans le fond de la pièce n'arrivait pas à me faire oublier. Il faudrait quand même bien un jour accepter l'état de choses. Cette pensée d'accepter n'était même pas envisageable !
- ce n'est pas possible ils ont du se tromper, le résultat que j'ai eu ne peut pas être le mien. Il se peut que le laboratoire ce soit trompé une erreur d'étiquetage des tubes.
voilà à quelque chose près les seules paroles qu'il entendu de ma bouche, il me regarda avec un air désemparé, et surtout ne voulant pas retourner une fois de plus la plaie déjà bien ouverte. Ces yeux avaient malheureusement parlés pour lui car Il ne voulait pas laisser s'insinuer le doute dans ma tête sachant de par sa profession qu'une telle erreur était pratiquement impossible, par le nombre de test mais aussi par le nombre de contrôle, et un final par la contre affirmation du processus. Toutes ces étapes se font sur plusieurs prélèvements. A cet instant je refusais la probabilité qu'une erreur ne pouvait pas se produire tellement je ne croyait pas en ce verdict.
- Tu veux refaire l'analyse, je te fais une ordonnance mais je sais que le résultat sera identique !
Je brulais d'envie de dire Oui, je crevais d'envie de lui prouver qu'un laboratoire pouvait aussi avoir des failles dans le système. Une erreur d'inattention. Je ne sais quoi ! mais ces résultats que j'avais ne pouvaient pas être les miens. A cet instant je suis pris d'un sentiment bizarre, pourquoi maintenant ? pourquoi pas quelques années plus tôt ou plus tard, voire jamais ! pourquoi moi, tant de gens s'exposent à ce virus, involontairement ou consciemment pour d'autres. (aujourd'hui je pense a tous ces jeunes et adultes qui pour la plupart font les Kids de l'amour en provoquant une agréable diffusion de ce putain de virus.) Je commence à délirer, a glisser vers des théories démesurées. Heureusement qu'il était là, pour rattraper la connerie en plein vole, Pour me faire revenir sur terre, pour me faire comprendre et admettre que maintenant les choses ne seront plus les mêmes, j'aurais sans aucun doute quelques années de répit avant que les choses commencent a dégénérées. Mais toute la question était Quand ? Est-ce que je peut attendre encore quelque chose de la vie ? j'aimerais me marié, avoir des enfants fonder une famille, tout ça ne se produira pas ? tout ça ne se calculera pas non plus. Aujourd'hui tu es en train de mourir ne pense pas à tout cela. Pense plus tout simplement. Reste simplement aux aguets de modifications éventuelles que le corps subira, guetter les signes. Les minutes qui viennent de s'écoulées, m'ont parues un temps infini.
Je me ressaisis, oui j'ai encore besoin d'aimer et d'être aimer, j'ai encore besoin de vivre tout simplement de manger, d'écouter de la musique de voir le monde. Tout cela est finalement si simple a rêver. La réalité s'écroulait dans ma tête. Il posa sa main sur la mienne, et me dit que nous devrions dormir un peu, même si cela paraissait impossible pour moi comme pour lui. J'ai senti toute la soirée qu'il avait envie de me poser des millions de questions, tout en sachant déjà les réponses. Mais cela n'ira pas plus loin. Il attendra que je les lui donne de moi-même un jour ou jamais.
Le lendemain, nous nous sommes réveillés tard si je me souviens bien. L'odeur du café était filtré par la porte du salon ou j'y ai passer la nuit. L'eau de la bouilloire était en ébullition et à travers le volet je pouvais percevoir le soleil. Pourquoi se hâter puisque la certitude était là. Je me dirige vers la cuisine, sur la table deux bols, une brique de jus d'orange, et une boite de céréales. Mais pas de docteur ! je supposa qu'il était dans la salle de bain, mais a l'instant ou je me fit cette réflexion retenti derrière moi un bonjour ! je fais un bond, avec ce sentiment que je voulais le tuer de m'avoir surpris comme ça. Il s'approcha de moi, posa ces mains sur mes épaules, et m'embrassa sur la joue. C'était la première fois depuis que nous nous connaissons qu'il m'embrassait.
- Bien dormi ?
- Je répondis oui, même si cela avait une résonnance fausse
- Qu'est ce que tu veux faire aujourd'hui ?
Je n'avais rien de prévu pour ce week end, mais pour ne pas le déranger je prétextais avoir une multitude de choses a faire, ou en retard. Je pensais que de m'avoir accueilli de la veille auprès de lui, serait abuser de rester plus longtemps.
- Ok, donc je te propose de venir voir ma mère, nous passerons l'après-midi avec elle.
Pas plus emballer que ça, je persistait en lui disant que j'avais pas mal de choses a faire et que cela ne pouvait pas attendre. Je ne sais pas s'il avait compris mais j'avais besoin de me retrouver seul. Besoin d'appeler d'autres amis. Ce qui est tout a fait a contrario au sentiment précédent. Il me proposa alors qu'une fois le petit déjeuner pris, nous allions faire des courses pour sa mère et qu'il me ramènerait ensuite chez moi. Mais en fait je n'avais pas le choix. Centre commercial de la plaine, nous nous engagions dans le labyrinthe géant que représente un centre commercial il marchait un peu devant moi parce que lui connaissait parfaitement les lieux, je regardais ce un mètre quatre vingt déambuler dans les allées des chaussures de ville, un pantalon de velour noir, chemise beige, et un pull sur les épaules. Lunettes de soleil sur le crane, il avançait en connaissant son but. Les gens autour de moi n'avait aucune importance, je ne les voyais même pas contrairement a d'habitude ou je scrute une personne de la tête au pied, en imaginant la vie qu'elle peut avoir. Rayon des sodas, conserves, frais, fruits et légumes, l'ascension du magasin était plutôt rapide, il me demanda si j'avais besoin de quelque chose, et enchaina en me proposant de venir manger chez lui le soir, qu'il prendrait des moules qu'il ferait façon grand-mère, dont lui seul en avait le savoir. Je souris en lui disant que rien n'était sure, puis je me suis demander s'il ne voulait pas que j'habite chez lui, aussi cette idée m'a fait sourire. J'imagine le genre de cohabitation que ça aurait pu donner. Moi avec mon sale caractère et lui surchargé par son boulot de doc. Non, tu es dans une autre dimension là. Passage en caisse, il avait bien pris les moules et deux bouteilles de vin blanc. La caissière avait elle aussi le regard sombre, passant les articles avec un automatisme et une régularité surprenante. Je mettais les produits en sac en bout de caisse. Pas un sourire, son visage ne se soulève pas, seul le bip d'enregistrement de l'article retenti, et son bras s'agite comme un métronome, le seul moment ou il se fige c'est quand un code barre est récurant au poste de contrôle. Soudain une voix annonce le montant total de l'achat et signe votre visite d'un merci. Vive la grande distribution.
- Tu es sure que tu ne veux pas venir avec moi à Sceaux, on pourrait aller au parc, je crois qu'ils ont ré ouvert l'orangerie.
Chargé comme des dindons, nous redescendions au parking récupérer la voiture, et enfin sortir.

(.../...)

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 01:27

Modifié le vendredi 19 octobre 2007 19:38

SIDA / MALADIE / rEvolution

SIDA / MALADIE / rEvolution
Ce n'est pas la vision qu'il faut avoir de cette maladie....
aujourd'hui je peux le dire... contrairement a quelques années auparavant.


# Posté le vendredi 19 octobre 2007 13:03

~oOo~ Un petit bijou ~oOo~

Chasing Car (Grey's Anatomy version)

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 19:10

à vous tous

à vous tous

# Posté le samedi 20 octobre 2007 20:15

Il y a que du vrai ... là

Il y a que du vrai ... là

# Posté le samedi 20 octobre 2007 20:17